Les habitudes ont la vie tenace. Mais le changement est possible. Dans le domaine du high-tech, les industriels adhérent depuis longtemps à un mode de production linéaire : on conçoit pour consommer puis jeter. Or, les regards se tournent aujourd’hui vers des notions paradoxales : la transition écologique, l’économie circulaire, et surtout le projet de loi anti-gaspillage. Pour s’adapter, ces entreprises auront matière à respecter les clauses de cette future législation.

Une loi anti-gaspillage pour la fin d’une planète poubelle

En France, le projet de loi anti-gaspillage a été présenté en Conseil des Ministres  le 10 juillet 2019. En cours d’étude, il attend son examen au Parlement d’ici la rentrée de septembre. Celui-ci soutient la transition écologique et l’économie circulaire. Il s’articule autour de la préservation des ressources restantes et futures de la planète. D’emblée, il cherche à mettre un frein à la surexploitation de la nature, d’induire les industriels à un mode de production fermé, de donner aux consommateurs le droit à l’information, et d’établir une meilleure organisation de la collecte et du recyclage des déchets (produits invendus, objets usés, restes alimentaires, etc.). Cette loi cible ainsi bon nombre d’acteurs issus de divers secteurs dont le bâtiment, l’alimentaire, les cosmétiques, et l’électronique.

Des bâtons « écologiques » dans les roues des industriels

La loi anti-gaspillage s’avère très stricte envers les industries high-tech. Elle les soumet à bon nombre d’obligations tout en pointant un système bonus-malus sur leur tête. D’une part, elle leur impose une information du consommateur, le retour des consignes d’utilisation, un indice de réparabilité bien visible sur leur produit, et la mise à disposition de pièces de rechange d’occasion (et non neuves). D’autre part, elle exige de ces derniers une performance environnementale impeccable. Une exemplarité ou un manquement impacterait significativement sur les éco-contributions du traitement de leurs produits en fin de vie.

Ces mesures peuvent gêner les ventes et l’épanouissement des fabricants high-tech (surtout pour les adeptes d’obsolescence programmée). Toutefois, c’est un mal pour un bien. Certes, des marques comme Epson, Apple ou Microsoft rechignent à suivre cette tendance écologique du numérique. Cependant, ces initiatives ne cherchent pas à leur créer délibérément du tort. Au contraire, celles-ci souhaitent les encourager à mieux produire, consommer et recycler (surtout les DEEE ou déchets d’équipements électroniques et électriques). Dans tous les cas, l’heure est au vert. Ceux qui refusent de voir cette réalité auront du mal à s’y trouver une place.