Exerçant dans le virtuel, le numérique cause pourtant des dégâts environnementaux bien réels. À lui seul, il accapare près de 10 % d’énergie électrique de la planète. Et les chiffres ne vont pas en rester là si on reste les bras croisés. Il ne faut pas non plus oublier l’énergie grise que requièrent les équipements informatiques.

Le numérique consomme une immensité d’énergie

Les chiffres sont alarmants ! D’après un rapport publié par Greenpeace en 2017, le secteur informatique épuise plus de 7 % de l’énergie consommée de la planète. Les émissions de gaz à effet de serre sont aussi importantes. Selon Green IT, l’empreinte carbone du secteur est répartie comme suit :

  • 47 % des émissions en provenance des utilisateurs finaux
  • 28 % en provenance du réseau
  • 25 % en provenance des data centers

Pour avoir un aperçu de la donne, les grandes firmes comme Google, Facebook ou encore Microsoft, contraintes de répondre aux demandes incessantes, doivent tourner 24h/24. Chez Google, les 900 000 serveurs à sa disposition sont alimentés par au moins 2 milliards de kWh d’énergie, soit 1% de la consommation énergétique de l’ensemble des centres de données mondiaux. L’arrivée du Cloud computing n’a pas facilité les choses. Imaginez un « gigantesque disque dur » à la disposition de qui veut l’utiliser. Actuellement, les internautes comptent plus de 3 milliards au quotidien à naviguer sur le Web, que ce soit à travers les smartphones ou les ordinateurs.

Le matériel n’est pas en reste

Pour la manipulation des données et la communication de l’ensemble du réseau, il faut bien des équipements. Cependant, ces équipements n’ont pas été faits tout seul. Ils ont nécessité également de l’énergie, mais aussi des matières premières. C’est qu’on appelle l’énergie grise. La phase de fabrication concentre plus de 80 % des impacts écologiques en raison des empreintes laissées par l’extraction des ressources non renouvelables comme les métaux (pollution de l’air, du sol et des eaux à proximité des sites) ou encore le raffinage de ces derniers. Et la valse de la consommation énergétique continue jusqu’à la phase de recyclage de l’équipement.

Selon un rapport de l’IDC (cabinet de conseil spécialisé), 212 milliards d’objets connectés seront en activité dans le monde d’ici 2020. Quant au poids de données transférées, elle atteindra les 40 000 milliards de Go. Ce qui est encore déplorable : la durée de vie des appareils n’est que de 18 mois en moyenne.